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Tao Te King

Verset 3

Si le mérite des hommes n’est plus favorisé (honoré, glorifié)
 La contestation ne pénètre plus les gens du peuple.
 
 Si les biens précieux ne sont plus recherchés
 Le vol disparaît de l’espit du peuple.
 
 Si ce qui éveille les désirs n’est plus éxhibé
 Le trouble du cœur du peuple s’éloigne.
 
 Ainsi, pour gouverner le peuple,
 Le sage vide les consciences mais emplit les ventres
 Affaiblit les volontés mais fortifie les os.
 
 Il garde le peuple hors science ni désir
 E s’assure que l’habileté n’ose manipuler.
 
 Par la vertu du non-agir
 L’ordre se maintient, naturel. 
  


Ma Kou


Verset 4


Le tao (la vérité, la voie, le sens) est vide
 Jamais l’usage ne le remplit.
 Gouffre sans fond
 Il est l’origine (la racine ancestrale, yeh)
 De la multitude des êtres et des choses.
 
 Il émousse ce qui tranche
 Démêle les nœuds.
 Discerne dans la lumière
 Assemble ce qui, poussière, se disperse.
 
 D’une profondeur invisible
 Il est là
 Enfant de l’inconnu
 Ancêtre des dieux.
 

Ma Kou

Verset 5


Rudes sont le ciel et la terre
 Qui traitent en chien de paille*
 La multitude des êtres.
 Rude est le sage
 Qui traite le peupe en chien de paille.
 
 L’espace entre ciel et terre
 Pareil à un souffle
 Est vide et ne s’affaisse pas.
 Exhalé il est inépuisable.
 
 La parole conduit au silence
 Autant en pénétrer le sens (le centre des choses). 
 
 *objets rituels, créés avec vénération puis détruits une fois leur rôle assumés. De même la vie anime les êtres puis se retire. 
  


Ma Kou

Verset 6


L’esprit de la vallé (l’esprit du vide) ne peut mourir
 Mystérieux féminin (femelle obscure, noyau de nuit).
 
 Du cœur de cette mystérieuse obscurité
 Sort la racine du ciel et de la terre
 
 Sans cesse elle croît
 Invisible, sans effort. 
  


Ma Kou

Verset 7


Ciel et terre demeurent.
 Pourquoi durent-ils ?
 
 Ils ne vivent pas pour eux-mêmes
 Ainsi continuent-ils d’exister.
 
 De même le sage s’efface
 Et par là apparaît.
 
 Il s’oublie lui-même
 Et atteint le vivant.
 
 Par le détachement (désintéressement, abnégation)
 Il réalise sa perfection. 
  


Ma Kou

Verset 8


L’eau est bienfaisante
 Elle sert à tous sans différence
 Coule où personne ne séjourne
 Et se trouve tout proche du tao.
 
 Pour une maison l’emplacement est essentiel.
 Pour la conscience importe la profondeur.
 Envers un allié importe la bienveillance.
 Par la parole l’authenticité se révèle.
 Dans l’art de gouverner se manifeste l’ordre.
 Dans les affaires compte la capacité.
 Et l’action juste résulte du choix du moment.
 
 Ne rivalisant avec personne
 On reste irréprochable. 
  


Ma Kou

Verset 9


Plutôt que tenir et remplir jusqu’à ras bord
 Mieux vaut savoir s’arrêter à temps.
 
 Marteler et aiguiser sans cesse
 Ne préserve pas la lame.
 
 Tout l’or et le jade qui remplissent une salle
 Ne peuvent être gardés par personne.
 
 Qui tire fierté de sa richesse et puissance
 S’attire le malheur.
 
 L’ouvrage accompli
 Se retirer
 
 Tel est le sens de la voie. 


Ma Kou

Verset 10


Peut-on par l’âme du corps
 Embrasser l’âme de l’esprit
 Et concevoir l’unité ?
 
 Peut-on concentrer l’expir et l’inspir du souffle
 Et le rendre aussi souple que celui du bébé ?
 
 Peut-on purifier le miroir secret
 Jusqu’à rendre le regard pur ?
 
 Peut-on gouverner l’Etat et veiller sur le peuple
 Par la pratique du non-agir ?
 
 Lorsque les portes du vide (portes du ciel, invisibles, par où entrent et sortent les existences)
 S’ouvrent et se ferment
 Sait-on demeurer passif telle la femme ?
 
 Pénétrer les quatre directions
 Sans en rien savoir ?
 
 Créer et développer,
 Produire sans posséder,
 
 Agir sans retenir,
 Multiplier sans contraindre,
 Ceci se nomme vertu mystérieuse. 
  


Ma Kou

Verset 11


Trente rayons se joignent au moyeu
Un, qui permet l’usage du char dans l’espace.
 
On pétrit l’argile pour en faire un vase
Mais sans le vide interne
Quel usage en ferait-on ?
 
Portes et fenêtres sont percées
Pour bâtir une chambre
Seul le vide en permet l’usage.
 
L’être crée des phénomènes
Que seul le vide permet d’utiliser. 
  


Ma Kou

Verset 12


Les cinq couleurs aveuglent
Les cinq notes rendent sourd
Les cing saveurs émoussent le goût.
 
Courses et chasses excitent la bestialité
Biens précieux entravent le progrès.
 
Aussi le sage
Se concentre dans l’abdomen*
Et non dans l’œil.
Rejette toute influence
Et demeure centré.
 
(* le ventre et non l’estomac ; « l’océan de l’énergie » où les souffles s’harmonisent et y trouvent leur plénitude. La pratique de la méditation, du Tai Chi ou des arts martiaux est basée sur une respiration abdominale qui permet à l’être humain de trouver son centre de gravité) 



Ma Kou

Verset 13


Faveur et disgrâce sont des évènements saisissants.
Elévation et dommage sont perçus par le corps.
 
Que signifie
Faveur et disgrâce sont des évènements saisissants ?
Faveur qui arrive surprend.
Faveur qui se retire surprend.
Tel est le sens de :
Faveur et disgrâce sont évènements saisissants.
 
Que signifie
Elévation et dommage sont perçus par le corps ?
Le dommage éprouve mon être.
Le dommage n’éprouve pas le non-être.
 
A celui qui estime le monde au prix de sa personne
On peut remettre le monde.
A celui qui gouverne le monde comme sa personne
On peut confier le monde. 



Ma Kou

Verset 14


Ce que l’on ne peut voir
Est appelé invisible
Ce que l’on ne peut entendre
Est appelé inaudible
Ce que l’on ne peut toucher
Est appelé imperceptible.
 
Trois éléments indéchiffrables
Qui se confondent en un.
 
L’aspect supérieur est non lumineux
L’aspect inférieur est non obscur.
 
Indéfini il ne peut être nommé.
Forme sans forme
Image sans image
Clair-obscur indistinct.
 
On ne peut voir son visage
Ni suivre son dos.
Pourtant qui suit l’antique voie
Saura maîtriser le présent.
 
Connaître l’origine
Revient à marcher sur la voie. 



Ma Kou

Verset 15


En union subtile avec les forces invisibles
 Les sages de l’antiquité
 Etaient si mystérieusement profonds
 Qu’on ne pouvait les connaître
 Et à peine les décrire.
 
 Hésitants comme qui passe une rivière en hiver
 Prudents comme celui qui craint l’environnement
 Dignes comme un hôte
 Muables comme la glace qui peut fondre
 Simples comme un bois non taillé
 Creux comme la vallée
 Obscurs comme de l’eau opaque
 
 Ils savaient passer
 Doucement dans l’immobilité
 Et du trouble à la clarté.
 Puis par le mouvement du calme à l’action.
 
 Préservant leurs expériences
 Ils ne désiraient pas être remplis
 Et n’étant jamais emplis
 Ils savaient être usés
 Et pourtant toujours se renouveler. 



Ma Kou

Verset 16


Plein du seul vide
 Ancré ferme dans le silence
 La multiplicité des êtres surgit
 Tandis que je contemple leurs mutations.
 
 La multiplicité des êtres
 Fait retour à sa racine.
 Revenir à sa racine
 C’est atteindre le silence (la quiétude).
 Le silence permet de trouver son destin.
 Retrouver son destin renoue avec le ferme (la constance).
 Renouer avec le ferme amène l’éveil.
 Ne pas connaître l’éveil
 Conduit à la confusion.
 
 Connaître l’éveil
 Ouvre à l’impartial
 L’impartial s’ouvre au royal
 Le royal s’ouvre sur l’éternel
 L’éternel coïncide avec le tao
 Qui fait un avec la voie du tao
 Rien ne peut l’atteindre
 Même la mort. 
  


Ma Kou

Verset 17


Un souverain éminent
 Reste inconnu aux yeux du peuple.
 Puis vient celui que le peuple aime et loue
 Puis celui dont il a peur
 Enfin celui qu’il méprise.
 
 Lorsque manque la confiance
 La loyauté disparaît.
 
 Le vrai dirigeant garde ses paroles
 Accomplit sa tâche
 Poursuit son œuvre.
 Alors le peuple dit :
 Nous sommes libres (ou : nous accomplissons l’œuvre nous-mêmes). 
  


Ma Kou

Verset 18


Le sens du Tao perdu
 Morale et justice apparaissent
 Suivis de l’intelligence et de l’habileté
 Qui engendrent la vaste duplicité.
 
 Lorsque les six relations se désaccordent
 S’imposent alors amour et devoir filial.
 
 Lorsque les Etats tombent dans le désordre
 Apparaissent alors les serviteurs loyaux. 
  


Ma Kou

Verset 1


La vérité (Tao) que l’on veut exprimer
 N’est pas la vérité absolue.
 Le nom qu’on lui donne
 N’est pas le nom immuable.
 
 Vide de nom (Non-être, néant)
 Est l’origine du ciel et de la terre.
 Avec nom (Etre)
 Est la mère des multitudes d’êtres
 
 Le vide de l’être
 Médite la racine de toutes choses.
 
 L’être
 Considère ses manifestations.
 
 Tous deux sont un
 Mais par leurs noms différent.
 
 Un qui est secret
 Mystère du mystère.
 
 Porte secrète des mystères.
 

Ma Kou

Verset 2



Dans le monde chacun décide du beau
 Et cela devient laid.
 
 Par le monde chacun décide du bien
 Et cela devient mal.
 
 L’être et le vide (ce qui a une forme et ce qui n’a pas de forme) s’engendrent
 L’un l’autre.
 Facile et difficile se complètent
 Long et court se définissent
 Haut et bas se rencontrent
 L’un l’autre.
 Voix (notes) et sons s’accordent
 Avant et après se mêlent.
 
 Ainsi le sage, du non-agir (respect de l’ordre naturel)
 Pratique l’œuvre
 Et enseigne sans paroles.
 
 Multitudes d’êtres apparaissent
 Qu’il ne rejette pas.
 Il crée sans posséder
 Agit sans rien attendre
 Ne s’attache pas à ses œuvres
 
 Et dans cet abandon
 Ne demeure pas abandonné.
 

Ma Kou